La presse RGA23 avril 2026

Quand la « catastrophe » devient prévisible : ce que la reconnaissance de Marseillan dit vraiment du risque argile

Une commune de l'Hérault vient d'être reconnue en état de catastrophe naturelle pour la sécheresse 2025. Ce n'est pas une surprise. C'est précisément là le problème.

Source : Le Journal Toulousain, 23 avril 2026

Une catastrophe qui se répète n'en est plus une

Le mot « catastrophe » sous-entend l'exceptionnel, l'imprévisible. Un événement rare qui justifie une réponse collective d'urgence. C'est sur cette logique qu'a été construit le régime CatNat — un mécanisme de solidarité nationale face à des aléas que personne ne peut anticiper.

Mais le retrait-gonflement des argiles ne fonctionne pas comme ça. Les sécheresses de 2003, 2018, 2019, 2022, 2025 se sont succédé à un rythme qui n'a plus rien d'exceptionnel. Et chaque fois, les mêmes communes, les mêmes sols argileux, les mêmes maisons — les mêmes fissures. Quand un risque se reproduit de façon régulière et prévisible, il a changé de nature. Ce n'est plus un aléa. C'est une donnée structurelle.

Un risque qui se réalise régulièrement n'est pas un risque à assurer. C'est un risque à prévenir.

La reconnaissance de Marseillan pour la sécheresse 2025 n'est donc pas une mauvaise nouvelle au sens strict. C'est un signal. Le signal que sur ce territoire — comme sur des milliers d'autres en France — l'argile est désormais un facteur permanent d'instabilité pour les fondations des maisons.

3 millions de maisons dans une zone de certitude, pas d'incertitude

En France, plus de 3 millions de maisons individuelles sont exposées au retrait-gonflement des argiles. Le RGA représente 70 % du coût total des indemnisations CatNat sur les cinq dernières années — la sécheresse de 2022 à elle seule a pesé 3,5 milliards d'euros.

Ces chiffres ne décrivent pas un risque hypothétique. Ils décrivent une trajectoire. Avec l'intensification des sécheresses estivales, les zones argileuses du Sud, du Centre et du bassin parisien ne se demandent plus si elles seront touchées — mais quand, et avec quelle intensité.

3 M

maisons exposées en France

70 %

du coût CatNat sur 5 ans

3,5 Md€

coût de la sécheresse 2022

Or la question du patrimoine immobilier se pose différemment face à un risque certain qu'un risque probable. On ne peut pas indéfiniment espérer être parmi les communes reconnues, attendre le remboursement assureur, puis recommencer au prochain épisode. Ce cycle a un coût financier, un coût psychologique — et surtout, il ne règle rien.

Protéger son patrimoine quand le risque est acquis

Il y a une logique simple, souvent ignorée : on n'assure pas ce qui est certain, on le prévient. Personne ne souscrit une assurance incendie en espérant que la maison brûle — on installe des détecteurs, on sécurise les installations électriques. Le raisonnement vaut pour le sol sous les fondations.

Dans les zones où les cycles sécheresse-réhydratation sont devenus la norme, la question pertinente n'est pas « serai-je indemnisé si mes murs fissurent ? ». C'est : « comment faire en sorte que mes murs ne fissurent pas ? ».

Réguler activement l'humidité du sol autour des fondations — avant l'épisode de sécheresse, pas après — c'est intervenir sur la cause, pas sur la conséquence. C'est aussi préserver la valeur du bien : une maison qui n'a pas subi de sinistre RGA se vend mieux, s'assure mieux, et ne traîne pas d'historique de dommages que la loi impose désormais de déclarer.

La vraie question patrimoniale : dans une zone où la sécheresse revient chaque été, une maison sans protection active de ses fondations est une maison dont la valeur s'érode à chaque cycle — silencieusement, mais sûrement.

Le bon moment pour agir, c'est avant

L'Hérault est l'un des départements les plus cités dans les arrêtés CatNat successifs. Ce n'est pas une coïncidence géologique — c'est le résultat d'un sol argileux, d'un climat qui se dérègle, et de maisons construites sans que ce facteur ait été correctement anticipé.

Pour les propriétaires concernés, chaque reconnaissance CatNat supplémentaire devrait fonctionner comme un signal d'alarme. Non pas pour réclamer une indemnisation — mais pour comprendre que le prochain épisode est déjà programmé par le climat, et que l'intervalle entre les deux est le seul moment utile pour agir.

Une maison protégée avant la prochaine sécheresse ne sera pas une statistique de plus dans le prochain arrêté CatNat. Elle sera simplement une maison qui n'a pas bougé.

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